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3. Les séries chronologiques et la compréhension de la réponse aux forçage
3.1. Evolution à long terme de la diversité
De nombreux travaux ont suggéré d’utiliser le zooplancton comme indicateur du changement
global car son cycle vital est par nature étroitement couplé aux processus physiques. Un
premier objectif est d’étudier l'influence des forçages environnementaux (climatiques,
anthropiques) sur l’évolution de la diversité zooplanctonique.
Pour atteindre cet objectif, une première étape consiste déterminer les changements de
diversité du compartiment mesozooplanctonique sur plusieurs cycles saisonniers. Au sein de
ce compartiment, une attention particulière est accordée au groupe des copépodes qui
contient souvent à lui seul plus de la moitié des espèces du compartiment.
Une analyse rétrospective d’échantillons déjà disponibles (depuis 1950 pour Villefranche et
1974 pour Calvi par exemple) permet d’étendre l’échelle temporelle de l’étude tandis que
la comparaison de sites géographiquement éloignés et subissant des forçages différents
devrait permettre la distinction entre l’impact du changement climatique global et celui de
forçages plus locaux.
Les efforts d’analyse portent sur la détermination des espèces présentes de façon
traditionnelle mais aussi à l’aide du système d’imagerie Zooscan associé au logiciel
d’identification automatique "Plankton Identifier" (Gasparini, 2007). Les successions et/ou
remplacements de populations observés sont ensuite interprétés en fonction des forçages
climatiques et anthropiques. L’acquisition et le traitement de données sur la biodiversité
(historiques et nouvelles) contribuent à la constitution d’une base de données unifiée à long
terme, indispensable à l’élaboration de modèles prédictifs d’écosystèmes pélagiques.
Les travaux s'appuieront sur les programmes INSU d'observation à long terme (SOMLIT et
DYFAMED) et sur les données d'un programme belge FNRS (PELAGOS-MED à la station
STARESO de l’Université de Liège à Calvi) qui nous permettent d’accéder à une description
des facteurs hydrologiques, de la production primaire et à des échantillons de plancton qui
intègrent les événements passés sur plusieurs décennies. Ils s'insèrent dans des projets
européens tel que le projet intégré SESAME (2007-2010) ou DATA RESCUE.
3.2. Réponses benthiques aux modifications de l’environnement en milieu profond
La méiofaune est regroupe les métazoaires benthiques qui habitent les premiers centimètres
du sédiment ou les surfaces végétales ou inertes. Elle est abondante et comprend de nombreux
groupes. Du fait de sa petite taille (conventionnellement 40 µm - 1mm), de son métabolisme
élevé et de cycles de reproduction courts, cette faune se prête particulièrement bien aux études
d'impacts car elle répond rapidement aux perturbations de l'environnement, qu'elles soient
physiques ou chimiques, naturelles (e.g., Thistle et al., 1999) ou d'origine anthropique (e.g.,
Thistle et al., 2005).
Dans le cadre des campagnes semestrielles ENVAR (Environnement VAR) du programme
HERMES dans sa partie "Canyon Systems" l'analyse des réponses des écosystèmes
benthiques aux impacts physiques (crues de la rivière, courant, turbidité, tempêtes
benthiques…) sera continué. Ici, il s'agit d'étudier sur la méiofaune à différentes profondeurs
et de définir sa capacité de récupération. Dans la cadre du prochain plan quadriennal, les
aspects "réponses aux stress chimiques" seront envisagés au travers d'un suivi de la méiofaune
sur les macroalgues des zones littorales des Alpes Maritimes où semble se développer depuis
une dizaine d’années (probablement en relation avec le changement climatique) une
microalgue benthique extrêmement toxique du genre Osptreopsis. Dans ce contexte, la
méiofaune présente un intérêt particulier car elle comporte des taxons "indicateurs"
particulièrement sensibles aux pollutions organiques (toxines). Ce Projet nommé MediOs
(Méditerranée Ostreopsis) du Programme MediOs débutera en 2008
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