Les
effets de conditions sub-optimales en lumière et azote sur la biomasse, la
composition biochimique, les activités métaboliques et la croissance du
phytoplancton ont été examinés chez Rhodomonas
salina (Cryptophyceae) cultivée en chémostat au moyen d’un système de
culture automatisé.
Les
résultats indiquent que la biomasse à l’équilibre dépend en premier lieu de
la masse en élément limitant apportée dans le milieu de culture mais ceci
est influencé par l’estimateur utilisé. La concentration en chlorophylle a constitue en effet un mauvais
descripteur de la biomasse si l’azote et la lumière varient.
Les
flux de photons et de nitrate ont, d’autre part, une influence conjointe
sur les quotas en carbone et azote et sur le rapport Chl a:C. Ces indicateurs physiologiques
ne sont donc pas des estimateurs simples du taux de croissance. Leurs
variations traduisent le couplage intracellulaire des métabolismes de
l’azote et du carbone et se reflètent sur l’absorption de l’azote et la
fixation nette de carbone.
La
photoacclimatation, ajustement en terme de concentration et de composition
en pigments, est contrainte par la limitation en azote. Les variations de
la phycoérythrine, pigment accessoire et composé azoté, diffèrent de celles
de la chlorophylle a. La probabilité
d’absorption d’un photon par unité de pigment et la conversion de l’énergie
lumineuse en terme de production nette sont aussi sous l’influence des
limitations conjuguées par la lumière et l’azote.
Les processus de régulation
de la pigmentation lors d’un changement du flux d’azote dépendent de
l’intensité lumineuse, de la limitation initiale par l’azote et du sens de
la perturbation.
Nos résultats montrent que les modèles type Loi du Minimum et
multiplicatif ne permettent pas d’estimer correctement le taux de
croissance lors d’une limitation concomitante par l’azote et la lumière.
En revanche, ces données ont permis la validation
d’un modèle prenant en compte le couplage des métabolismes de l’azote et du
carbone.