
Au
cours des 200 dernières
années, qui correspondent à l’émergence
et au développement de l’ère
industrielle, les océans ont absorbé près
de la moitié du CO2 issu de la combustion
des carburants fossiles : charbon, gaz naturel, pétrole,
soit 120 milliards de tonnes. Conséquence
: le pH des eaux de surface a chuté de 0,1
unités
au cours du XXe siècle.
En 2006, ce sont
chaque jour plus de 25 millions de tonnes
de gaz carbonique qui se combinent
avec l’eau de mer.
L’augmentation des émissions de CO2 atmosphérique
suit une courbe exponentielle. Ainsi, durant le siècle à venir
l’acidification
risque de se poursuivre à une vitesse presque
mille fois supérieure à toute
variation naturelle depuis au moins 600 milliers
d’années,
entre les périodes froides (glaciaires) et
chaudes (interglaciaires). Le pH des eaux
de surface océaniques pourrait diminuer, d’ici à la
fin du siècle, de 0,5 unités.
Il s’agirait
alors du pH le plus bas jamais enregistré depuis
des millions d’années.
Les conséquences de l’acidification
sur les organismes marins sont encore mal connues.
Néanmoins, les premières études
expérimentales
suggèrent que celle-ci constitue une menace
réelle pour la survie de certaines espèces.
L’acidification entraîne
la diminution de la
concentration des ions carbonates, éléments
nécessaires à la
construction de squelettes et coquilles de nombreux
organismes marins,
dits calcifiants.
Sophie Martin, Pieter
Provoost,
Antoine Sciandra et Jean-Pierre Gattuso,
membres de l'Observatoire Océanologique
de Villefranche sur Mer et travaillant au
sein du Laboratoire
d'Océanographie de Villefranche s'intéressent
aux conséquences
biologiques de l'acidification de
l'eau de mer sur les algues calcaires (photo
1) et les coraux
méditerranéens ainsi
que sur de petites algues phytoplanctoniques, les
coccolithophoridés (photo 2).