Le commun des mortels les fuit, Markus
Weinbauer recherche leur compagnie. De qui ? des microbes.
A
39
ans, ce chercheur autrichien est spécialiste
de l’écologie
microbienne des milieux aquatiques. Ses bébêtes
de prédilection? Les bactériophages,
ces virus qui attaquent spécifiquement les bactéries.
Après sa thèse obtenue à Vienne
et deux stages post-doctoraux réalisés
au Texas et en Allemagne, Markus Weinbauer a
décidé de
poser ses bagages en 2001 dans l'un des laboratoires
de l'Observatoire, le Laboratoire
d'Océanographie de Villefranche (http://www.obs-vlfr.fr/LOV) «Tout
ce qui affecte les bactéries
a des conséquences sur les réseaux trophiques
microbiens, et par suite, sur l’ensemble de la
chaîne
alimentaire et de l’écosystème »,
rappelle le biologiste.
Par ses travaux, il a montré que
le taux de mortalité des bactéries imputable aux
bactériophages était aussi important
que celui du à leurs prédateurs : les
Ciliés et les
Flagellés. Ces mêmes bactériophages
voient leur virulence diminuée par les rayonnements
UV. Mais, ironie de l’histoire, les mécanismes
de réparation de l’ADN des bactéries-hôtes
la restaurent en grande partie ! Autre phénomène éclairé par
les recherches du jeune chercheur : l’influence
de la quantité de matière organique sur
la dynamique bactérienne. Ses travaux lui ont
valu une médaille de bronze du CNRS en 2003.
Grâce aux nouvelles méthodes
de comptage et d’observation qu’il a développées
et perfectionnées, Markus Weinbauer étudie l’impact des virus sur la biodiversité bactérienne. « Si
certaines bactéries disparaissent, comment va évoluer
l’écosystème ? » s’interroge-t-il.
Le prochain objectif de Markus Weinbauer, qui compte bien
rester en France, est de… perfectionner son français
!